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« Je n’ai jamais rencontré un expert JavaScript au chômage »

Sud Web 2014 : petit retour

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Confirmant l’intérêt de cette conférence alternative et complémentaire à ma chère Paris Web, cette nouvelle édition de Sud Web était très réussie. J’aimerais vous raconter pourquoi.

Ce mois de mai 2014 me voit assister à pas mal de conférences comme simple auditeur (à la base, en tout cas) : Sud Web ces 16 et 17 mai, dotScale lundi 19, La Conf jeudi 22 et vendredi 23, et enfin JSConf.US du 28 au 30.

Revenue à Toulouse pour 2014, Sud Web vient de me faire passer 2 excellentes journées. Meilleures, en vérité, que ce à quoi je m’attendais, tant certaines sessions ont été de bonnes surprises, de belles découvertes, là où leur aperçu rapide au sein du programme annoncé ne m’avait pas forcément titillé plus que ça.

Une équipe aux petits soins

Sud Web reste un événement de taille « modeste », cozy, propre à croiser à peu près tout le monde : quelque 160 personnes étaient là, orateurs et staff compris. Le staff aussi n’était, finalement, pas très nombreux, ce qui rend leur performance encore plus impressionnante.

Cette année, sous la houlette du président historique, Loïc, ce sont surtout Frank, Thomas et Nathalie qui se sont démenés avant et pendant pour mettre sur pied et piloter cette édition, avec un brio qu’on ne peut qu’applaudir.

Goodies classiques (les désormais célèbres stickers aux slogans décalés) et plus inhabituels (petits avions en balsa…), carnet de croquis, badges erm… artisanaux :-), traiteur impeccable, varié, bon et aux quantités plus que suffisantes : l’esprit Sud Web était bien là !

Une journée de conférences pleine de surprises

Si le lieu retenu, les Espaces Vanel tout en haut de l’Arche Marengo, juste à côté de la gare, n’a certes pas le cachet du Palais des Papes en Avignon, il a le mérite d’être lumineux, d’offrir une vue remarquable sur la ville, d’avoir au moins la 4G pour faire une recherche web, coller un favori ou un lien dans Instapaper, ou applaudir d’un tweet une session, un bon mot, une situation cocasse…

La soirée communautaire aussi était super, détendue, sympathique, riche d’échanges, elle concluait joliment la journée.

C’est toutefois le programme et ses intervenants que j’ai préférés. Tout n’était pas forcément à mon goût, naturellement, mais j’ai été très agréablement surpris par plusieurs présentations, qui n’avaient pas forcément retenu mon attention lorsque j’avais parcouru le programme quelques jours avant.

Si j’ai bien compris, le gros du travail de curation (définition de la ligne éditoriale, sélection des présentations et façonnage du programme) est l’œuvre de Thomas Parisot, et il a fait un boulot exemplaire. Le résultat était curieux, stimulant, dérangeant, original, frais, et juste bien.

Voici mes impressions sur les sessions proposées, dans l’ordre, tant qu’elles sont encore à peu près fraîches dans mon esprit.

Créer, protéger et réparer la culture de son entreprise

Par Kevin Goldsmith, ingénieur heureux chez Spotify

Ils ont une manière bien à eux de structer leurs équipes chez Spotify, à coup de concepts transverses aux noms peu traditionnels en RH et management, pour réduire les connotations : Tribus, Chapitres, Guildes et Clans. Je me demande si ça facilite l’intégration d’accrocs de WoW et autres MMORPG ? En tous les cas, les résultats semblent concluants, et ils appuient le process de façon très forte dès l’entretien d’embauche, qui comporte un volet « compatibilité culturelle » critique et indispensable.

C’était la première conférence en France de Kevin, qui avait de surcroît la dure charge d’ouvrir la journée. Je trouve qu’il s’en est drôlement bien tiré :-)

Revoir la revue de code

Par Noëlie Andrieu, dev front chez 20minutes

Noëlie ne voit pas trop comment elle pourrait se passer de GitHub, et vu comme elle aime les bonnes revues de code, on la comprend (les Pull Requests de GitHub restent un des meilleurs outils qui soient pour ça). Nuancée, ouverte, généreuse, Noëlie nous a rappelé quelles attitudes et quels réflexes font qu’une revue de code va être utile et pertinente ou, au contraire, sera frustrante, négative et inutile.

Parce qu’un projet qui avance et qui marche, ce n’est pas que grâce à la technique, c’est aussi grâce à des gens qui se comportent intelligemment les uns envers les autres.

Print ∞ Web ∞ Illustration ∞ Code

Par Cécile Habran, imprimeuse d’histoires responsives

Cette session était vraiment mon coup de cœur pour la conf. Cécile était pourtant primo-oratrice, fraîchement sortie de ses études, illustratrice de formation traditionnelle qui a plus récemment découvert les outils graphiques informatiques et le web, dont elle est tombée amoureuse.

Morte de trouille sans en rien laisser paraître, Cécile nous a présenté son parcours, sa vision, ses envies et son imaginaire pour des projets passionnants à la croisée des métiers, des contraintes et des possibilités, bousculant les conventions et faisant éclater les attentes pour nous ouvrir des horizons, entre illus’, design, responsive et UX en général. Tout ça avec humour, vivacité et bonne humeur.

Tout le monde a adoré. J’espère la voir partager à nouveau dans des événements à venir ; à mon avis, on tient là une jeune pousse très prometteuse.

De l’idée au projet

Par Boris Schapira, consultant web (lightning)

On ne présente plus Boris, hein… Cool, zen, détendu, éminemment pertinent, avec un recul et un pragmatisme que le monde lui envie, il nous a expliqué en un rien de temps comment cerner efficacement les contours d’une idée de projet afin de lui donner assez de corps pour qu’elle devienne réalité… ou pour déterminer plus vite qu’elle n’est pas, en fait, une si bonne idée que ça.

Super utile, sans paillettes, sans fanfreluches, juste du bon vieux contenu simple et efficace.

L’étude de cas, votre meilleur portfolio

Par Vanessa Ilmany, web designer (lightning)

Vanessa trouve que la plupart des portfolios ratent leur objectif, et qu’ils devraient se concentrer sur de vrais déroulés d’études de cas, parce que 3–4 captures d’écran ou maquettes ne permettent pas de saisir le contexte, le pourquoi, la pertinence.

Comme dirait Perceval : c’est pas faux.

Les commentaires sont plus importants que ça

Par Thomas Zilliox, CSS Addict (lightning)

Thomas est décidément expert dans l’art de faire des lightnings autour des commentaires, que ce soit dans le code, dans les rapports de bugs, ou ailleurs :-) Cette fois-ci, il nous expliquait pourquoi les commentaires dans le code ont une vraie valeur, et pas seulement pour la documentation, mais aussi parce que parfois, juste parfois, avoir bouffé des pizzas un soir précis peut vous sauver les miches lors d’un procès.

Le coworking a changé ma vie

Par Nicolas Birckel, co-worker

Nicolas a tenté de bosser de chez lui, parfois en caleçon, et a vite découvert que pour beaucoup de gens qui tentent l’aventure, la procrastination guette, la console chante comme une sirène, la veille tend les bras et d’une façon générale le bordel s’installe à la moindre occasion.

Puis il a découvert les espaces de co-working, en commençant par La Cantine Paris, et a tellement aimé le concept, qui lui permettait de retrouver un équilibre entre autonomie et contexte social, qu’il a carrément ouvert son propre espace. Nice.

Faire comprendre son métier

Par Rémi Parmentier, qui fait du code valide

Tout le monde connaît Rémi. Mais si, vous savez, c’est HTeuMeuLeu. Ah, vous voyez que vous connaissez.

Rémi il est cool, et pas seulement parce qu’il était rédacteur à 15 ans pour le principal site français autour de la GameBoy Advance (gba-news si ma mémoire est bonne, tu le lisais ?) ou parce qu’il a redéployé ses vieux sites sur NeoCities, par pure nostalgie. Il est surtout cool parce qu’il a beau savoir tout plein de trucs, il reste humble et avide de partage.

Mieux communiquer avec son équipe grâce à SASS

Par Kaelig « Le Kaelig® » Deloumeau-Prigent, Sass Hipster au Guardian (lightning)

Kaelig, il aime SASS. Genre beaucoup. Ça doit être pour ça qu’il a écrit un bouquin dessus, le galopin. Toujours est-il qu’il trouve qu’en passant par SASS et en rajoutant quelques conventions et contraintes, le travail de web front au Guardian s’est considérablement fluidifié. Il nous donnait quelques exemples et clés.

Les différents types de réponse au stress

Par Frédérique Joucla, kinésiologue (lightning)

Frédérique faisait de la tech et a complètement changé de métier, devenant kinésiologue, en se spécialisant dans la réduction du stress. On réagit tous différemment au stress, par de véritables réflexes : réflexes de fuite, d’aggressivité…

Frédérique nous a rappelé que le stress n’est pas une maladie mais un phénomène naturel, qu’il est possible de le canaliser pour un résultat positif, et nous a donné quelques gestes et astuces simples autour du toucher, de l’odorat… pour aider à le réduire rapidement.

Cachez cette dette que je ne saurais voir

Par Bastien/Baptiste Jaillot, effaceur de dette technique (lightning)

Bastien a construit son business autour d’une notion simple : les projets Drupal atteignent le plus souvent un point de naufrage, et auront besoin d’une cellule de premiers secours / de pompiers / de sauveurs du monde. Alors, lui et son équipe sont là.

Et comment font-ils ? Ils prennent les specs amont du client, dégagent tout ce qui ne sert à rien à ce stade, en vrai, et récupèrent le temps ainsi libéré pour pondre des trucs utiles, là maintenant. Et vous savez quoi ? Les fonctions virées reviennent rarement sur le tapis plus tard. En gros, le client a tort (on pourrait argumenter qu’il a tort d’avoir choisi Drupal, mais je doute que Bastien le dise ;-)), et ils arrivent à lui faire admettre. Trop fort.

Briser la peur de dessiner

Par Eva-Lotta Lamm, doodleuse d’interface chez Google

Eva fait des croquis. Des tas de croquis, tout le temps, généralement d’UI et pour exprimer de l’UX. Elle adore ça, et elle était bien décidée à nous filer tout un tas d’astuces pratiques pour qu’on y arrive aussi, et pas plus tard, mais là, maintenant, pendant la session !

C’est pourquoi nous avions tous reçu, à notre arrivée, un joli carnet de croquis et un crayon, en plus de nos badges (très artisanaux, eux aussi). On a donc fait des échauffements (si, si), puis appris à dessiner des trucs de plus en plus rigolos, en commençant par un point (là, c’est pas très rigolo), puis une ligne, un triangle, un rectangle, un carré, un cercle (pas toujours parfait), un vélo, une voiture, un bus, des tas de visages expressifs, des personnages qui font plein de trucs (et surtout qui dansent Gangnam Style)…

Et tout ça dans la joie et la bonne humeur, parce qu’Eva-Lotta, elle a la pêche, même quand elle fait l’effort de faire sa session en français alors qu’elle est plus à l’aise en anglais !

C’était juste trop bien :-)

De la Nature à la visualisation de données sur le Web

Par Samuel Huron, sculpteur de données au Centre Pompidou

Samuel pond sa thèse sur la dataviz en ce moment, en se basant notamment sur ses travaux au sein du Centre Pompidou. Il nous présentait un framework de dataviz qu’ils mettent au point, plutôt simple à mettre en œuvre, avec quelques notions fondamentales de configuration qui donnent des trucs assez fous, sachant qu’un truc auquel il s’intéresse en particulier est la « sédimentation » des données au fil de leur arrivée (au travers d’un processus qui s’appelle floculation, et non, ce n’est pas sale).

Ça donne des trucs de fou comme des barcharts qui débordent, des analyses temps réel rigolotes de flux Twitter, ou un camembert sans frontières (et non, ce n’est pas une ONG) (mais ça serait marrant).

Au final, une session drôle, stimulante, surprenante, et naturellement bien visuelle.

Tu peux pas test !

Par Vincent Van Steen, développeur web (lightning)

Vincent trouve que parfois, y’a des trucs durs à tester, comme le rendu visuel d’une page par exemple. Alors il a fait son propre système d’automatisation de screenshots de navigateur.

OK, je suis pas renversé par ça (trivial à faire avec CasperJS, par exemple), mais pourquoi pas.

JavaScript Coding Tips

Par Axel Rauschmayer, docteur JavaScript pour O’Reilly

Je connais Axel depuis un moment, en ligne en tout cas, et on se croise de temps en temps aux conférences web. Axel est un des noms dominants dans l’univers JavaScript, il fait partie de ces gens, avec Juriy « Kangax » Zaytsev par exemple, qui s’intéressent aux tout petits détails de la spec de JS et aux cas à la marge.

Pour le coup, sa pres était plus ludique et moins technique, en présentant de façon interactive les résultats d’un audit récent des codebases JS sur GitHub, pour déterminer certains éléments dominants de style.

Les deux points à retenir : certains conseils, en effet, sur le bon usage de JS (par exemple, évitez la plupart des constructeurs natifs ; préférez certains types de conversions à d’autres ; utilisez l’égalité stricte ; utilisez le mode strict ; etc.), et aussi l’importance de définir un coding style précis et d’assurer son application au sein de votre équipe.

Prototyper rapidement la prochaine One Billion Dollar company

Par David Bruant, encyclopédie humaine contribuant à Mozilla… et un trublion mystère

Sauf qu’en fait non… Après que David a fait semblant de nous emmener vers le sujet promis, la session s’est pris un takeover massif de Pablo Pernot, pour animer une discussion interactive sur des thématiques récurrentes en ces temps de crise : « comment être plus heureux dans nos boulots ? » Plus épanouis, plus contents d’y aller, plus contents de ce qu’on fait…

Les opinions étaient assez variées, parfois franchement divergentes. J’ai eu le sentiment que la vision de Pablo, qui a pourtant de la bouteille sur ce sujet, est un peu trop Bisounours, car il semblait nier l’existence de situations et profils que beaucoup dans la salle, dont moi, ont clairement vécues ou rencontrés. On voyait aussi affleurer dans les remarques de l’auditoire des approches très paternalistes / ouvrières, très mi-XXe siècle j’ai trouvé, qui sont clairement sur d’autres rails que ceux d’un progrès pour tous.

Mais l’échange était clairement intéressant.

Des élaboratoires vifs et stimulants

Ça se passait dans les locaux d’Epitech Toulouse, non loin du lieu de conférence (et mon hôtel étant à mi-chemin entre les deux, je suis plutôt bien tombé sur ce coup).

Les élaboratoires SudWeb portent ce nom (plutôt que le conventionnel « Ateliers ») notamment parce que le programme lui-même est élaboré collectivement, façon « Track B » dans de nombreuses conférences (dont les JSConf). C’est d’ailleurs comme ça que je me suis retrouvé à faire un élabo sur l’optimisation du dev web front à coup de super outils, alors que j’étais parti pour être simple auditeur.

Pléthore d’élaboratoires intéressants donc, hautement interactifs et bourrés d’échanges. Je n’ai assisté qu’à une petite sélection :

  • Contrib party CasperJS, où j’ai enfin pu prendre un moment pour apporter ma toute petite pierre à ce magnifique projet, en traitant 3 issues GitHub (dont une seule, au final, avec du vrai code à produire).
  • La présentation de Grunt par Sébastien Dussaut, juste avant mon propre élabo.
  • L’élabo en question donc, qui a fait découvrir à quelques vaillants les merveilles de Brunch, des sourcemaps et des fonctions avancées des Chrome DevTools.

J’ai en revanche eu plein de retours positifs de l’élabo sur l’utilisation du Terminal, de celui qu’Eva-Lotta a animé en prolongation de sa session de la veille, d’un truc à base de Lego®…

Même traiteur que la veille, toujours aussi bon ; mais cette fois-ci, en plus, un Wi-Fi qui marche, des brownies excellents et un déstockage des bouquins Eyrolles qui restaient, permettant à certains de remplumer leur liste de lecture. J’ai même eu l’occasion de dédicacer mon bouquin à un gentil fantôme.

Mon avion repartant le soir-même et les avions étant faussement rapides, j’ai hélas dû m’éclipser assez tôt, sans pouvoir prendre un dernier verre avec l’orga, mais franchement bravo les gens, c’était une belle édition.

Et pour 2015…

Une très belle édition oui, et pas la dernière ! La prochaine n’a pas annoncé ses dates encore, mais le lieu est officiel : ce sera Montpellier. Ça me va : j’aime bien, et c’est assez pratique en TGV.

Encore bravo à tous, merci pour cette édition, et d’ici la 2015 n’oubliez pas de venir aussi à Paris Web !

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